Droits de bourgeoisie

samedi 25 octobre 2008
par  Michel Raugel
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 La Ville

Dès le milieu du XIVe siècle, l’âge d’or des villes commença, l’essor économique s’en suivit. Les institutions se perfectionnent ; les bourgeois, émanation des corporations, dirigent les cités (suite à l’affluence des paysans, la population augmente considérablement ; les magistrats, pour en réduire le flux, rendent l’accès à la bourgeoisie plus difficile). La direction des affaires appartient à une nouvelle classe dirigeante composée de propriétaires terriens et de commerçants ; cette nouvelle aristocratie de l’argent et du travail ne restait pas hermétique, elle comptait en son sein des hommes nouveaux, se complétait et se renforçait. Elle exigeait une demande de droit de bourgeoisie.

Les bourgeois auront la faculté d’admettre aux droits bourgeois tous ceux qui se présenteront.

Les villes sont des espaces libres, elles sont politiquement autonomes. Celles qui font parties de la Décapole (dix villes libres d’Alsace dont MUNSTER, jouissent du statut d’immédiadeté, c’est à dire ne sont responsables que devant l’empereur, ce qui les affranchit de leur tutelles locales. Elle jouissent d’importants droits financiers.

Munster reste un cas particulier du fait de l’Abbaye, avec qui il faut composer d’autant plus que l’abbé du monastère garde le droit de nommer trois représentants au sein du Conseil. La ville et sa vallée forment un tout indissociable Stadt und Thal Munster im Grégorienthal. Cette communauté comprenait à la fois la ville et les villages de la vallée supérieure de la Fecht, chaque village envoyant son représentant au Conseil. Communauté qui perdure jusqu’au milieu du XIXe siècle au point de vue territorial.

Ces villes ont le droit de gouverner, elles disposent de leur propre défense, du droit de conclure des alliances et le cas échéant de faire la guerre. Certaines ont des droit régaliens de protection des juifs et de battre monnaie. Elles prélèvent aussi des taxes douanières, une espèce d’octroi. Bref cette autonomie équivaut jusqu’à la souveraineté territoriale.

La gestion des deniers publics est strictement contrôlée et la prudence est de mise dans toute action entreprise. Les ressources proviennent des impôts qui sont la taille (Gewerf) mise sur les bourgeois en fonction de la fortune de chacun, le droit de péage et d’octroi pour qui passe les portes, les droits de marché et de foire, la gabelle sur le vin (Umgeld) et une variété d’autres droits : de vente sur aliénation des immeubles de migration quand on quitte la ville, de manance quand on y reste.
Les charges sont les mille dépenses d’une cité :

  • construction , entretien des bâtiments ,des fortifications
  • achat de munitions ,
  • paiement des agents de la cité
  • remboursement des emprunts,
  • missions, repas, etc.

Le maintien des libertés de la sécurité, nécessitent une cohésion sociale rigoureuse. La bourgeoisie est le ciment de cette cohésion, elle gère la communauté par ses représentants et incarne tous les privilèges de la cité.

 Le bourgeois

C’est l’élément clé de la cité. Les luttes pour le pouvoir entre la noblesse et les artisans cessent au milieu du XIVe siècle. Libérées de l’oppression féodale, les villes libres sont gouvernées par des représentants des corporations, essentiellement des artisans. Ils créent le droit de bourgeoisie Burger Eydt. Pour être agréé au sein de la communauté comme bourgeois, il faut en faire la demande et s’acquitter d’une taxe.

Le bourgeois :

  • doit avoir une naissance légitime
  • possède un domicile en ville,
  • incarne tous les privilèges dont jouit la cité où il réside,
  • doit avoir 60 gulden à une certaine époque et un fusil,
  • est lié à la communauté urbaine par un serment de respect à l’autorité et au droit,
  • est tenu de participer aux tâches communes, en particulier au service armé,
  • est assujetti aux taxes, etc.

En contrepartie de ses devoirs envers la communauté, il bénéficie :

  • de la liberté personnelle d’aller et venir,
  • de la jouissance de ses biens,
  • d’une assistance en cas de difficultés.

En fait, il doit être de bonne moralité et suffisamment aisé et fortuné pour ne pas avoir recours à l’assistance.

La population active des villes ne se compose que de citoyens utiles. Si au Moyen Âge il était difficile à un étranger de s’établir car l’exercice de certains métiers était monopolisé par certaines familles et on n’était reçu dans une profession qu’après des formalités difficiles.
Un ouvrier qui au bout de trois jours n’a pas trouvé de travail doit quitter la ville. Plus tard la grande industrie amènera une population flottante de journaliers destinés à devenir une classe ouvrière. Ils seront acceptés dans les villes sous le nom de manants (Hintersassen) et pour être protégés paieront un droit, le (Schimgeld). Munster n’échappe pas à cette règle. Certains étrangers, au XVIIIe siècle, avant d’accéder à la bourgeoisie, firent leur demande de manant et firent souche.

Parmi la grande variété des métiers exercés par ces nouveaux arrivants, il faut noter la prédominance des métiers manuels (tisserands, papetiers, maçons, charpentiers, etc.) et des pharmaciens-apothicaires et des chirurgiens, mais il y en a d’originaux.
Quant à la religion, elle n’est pas systématiquement indiquée et cela jusqu’en 1740. Les catholiques proviennent principalement de Lorraine et du Val d’Orbey, ceux de la confession d’Augsburg d’Allemagne ou de Basse Alsace.

La dernière demande pour conserver le droit de bourgeoisie émane d’un certain Thiébaut Speisser (Spyser) de Muhlbach–près–Munster, le 4 août 1789 et qui partait pour Bâle.

 Les demandes

Sur la période 1700 à 1789, 332 demandes de droit de bourgeoisie ont été examinées ; sur ce nombre il y a :

  • 265 demandes de droits de bourgeoisie accordées
  • 25 demandes d’état de manant accordées
  • 33 demandes de conservation du droit de bourgeoisie accordées
  • 1 demande de séjour temporaire
  • 8 demandes de droit sans qu’il y ait de suite

Cent étrangers ont fait une demande ; il s’agit d’Allemands de différents duchés ou principautés, d’Autrichiens , de Suisses et d’Italiens (Savoie).

  • Droit de bourgeoisie : 86
  • Manant : 14

Les 232 autres demandes proviennent d’Alsaciens ou de Lorrains, certaines émanent de personnes originaires de principautés étrangères en terre alsacienne (Riquewihr : grand duché de Würtenberg, Bischoffsheim : principauté de Hanau–Lichtenstein) il y en a 11 dans ce cas.
Pour les 43 demandes restantes, 10 proviennent de personnes à patronymes français (Val d’Orbey ou Lorraine), les autres sont à consonance germanique.
Par recoupement dans d’autres registres, il est peut-être possible de retrouver l’origine.

Fromage


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